Mazeppa

Details zur Veranstaltung

Datum
Samstag, 7. März - 16:30
Ort
Pathé Les Galeries - Salle 3
Genre
Kino
Veranstalter
Rencontres 7e Art Lausanne
Mazeppa - Kino - Pathé Les Galeries - Salle 3

Beschreibung

SEANCE PRESENTEE PAR MARIN KARMITZ ET BARTABASMAZEPPADe BartabasAvec Bartabas, Miguel BoseFrance / 1993 / 107 min / VO / DCP /14 (14 ) DrameDans Mazeppa, Bartabas compose une méditation poétique et fragmentaire sur la formation de du peintre Théodore Géricault (Miguel Bosé), où son apprentissage se confond peu à peu avec une épreuve mentale et corporelle. Inspiré librement du mythe romantique de Mazeppa, le film explore la tension intérieure d’un artiste en devenir, emporté par une force qui excède la raison. Dans le Paris du milieu du 19ème siècle, Géricault décide de se former auprès de Antonio Franconi(Bartabas) et de sa troupe circassienne. Maître du cheval et du mouvement, l’écuyer incarne une autorité silencieuse fondée sur la discipline, la répétition et le temps long. À son contact, le peintre apprend à regarder autrement : à scruter la musculature, l’effort, la chute, la souffrance des corps. Franconi transmet moins un savoir théorique qu’une ascèse, imposant au peintre une lenteur nécessaire, condition de toute maîtrise.Mais à mesure que le film avance, cette lenteur bascule vers une forme d’obsession. Le regard de Géricault se fixe sur le cheval, dont la présence devient envahissante. L’animal n’est plus seulement objet d’étude : il s’impose comme une figure hallucinée, miroir de la violence intérieure du peintre. La frontière entre apprentissage et dérive se trouble. Le geste répété, la contemplation insistante, loin d’apaiser, nourrissent une fixation qui isole Géricault du monde. Cette montée de la folie s’exprime par la fragmentation du récit, l’intensification des visions et la tension entre immobilité et déchaînement. Les courses brutales, les chutes, les corps blessés contrastent avec le temps suspendu de l’observation, traduisant la désagrégation progressive de l’équilibre mental du peintre. À travers Mazeppa, Bartabas interroge ainsi la part de déraison inhérente à la création artistique. L’apprentissage, transmis par Franconi, ouvre autant à la maîtrise qu’à la perte de soi : le peintre, à l’image de Mazeppa, se laisse attacher à la force qu’il cherche à comprendre, jusqu’à risquer la folie comme prix de la révélation artistique.